lundi 29 mai 2017

Les Belges à la Biennale de Venise

Plusieurs Belges participent actuellement à la célèbre Biennale d'art contemporain de Venise :

Axel Vervoordt
"Intuition" sera sa sixième et dernière exposition au Palazzo Fortuny. Avant d'ouvrir sa fondation au Kanaal près d'Anvers, l'antiquaire belge Axel Vervoordt montre une fois encore qu'il est un des meilleurs "assembleur" d'oeuvres d'art en faisant dialoguer dans la même pièce, près de l'atelier de Mariano Fortuny, l'immense toile faite de capsules métalliques "The Beginning and the End" du Ghanéen El Anatsui, la toile "Piazza d'Italia" de Giorgio De Chirico et la sculpture "Le Jour et la Nuit" d'Alexandre Calder.

2° Dirk Braeckman
Le photographe belge Dirk Braeckman expose ses clichés au pavillon belge où il défie les conventions :  des lieux vides où le temps semble s'être arrêté, des éléments d'intérieur interchangeables ou des personnages hors de toute émotion ou identité spécifique.

3° Jan Fabre
Dans le cadre de l'abbaye bénédictine de San Gregorio, Jan Fabre expose 40 oeuvres représentant ses 40 années de carrière artistique. Sa dernière oeuvre créée est un gigantesque scarabée en verre confectionné cette année dans les ateliers de Murano pour cette biennale.

Jan Fabre a répondu aux questions de la presse :
"Pourquoi avoir, dès vos débuts, choisi de travailler le verre et ensuite les ossements?
- Ce sont des matériaux très anciens qui me fascinent. J'ai un rapport très charnel avec le verre. C'est un matériau que l'on chauffe et qui change de forme, un peu comme l'utérus féminin. J'aime cette métaphore autour du verre qui peut être modulé comme bon vous semble, un peu comme les humains. Et puis, ce sont deux matériaux à la fois très solides mais aussi très fragiles. Les utiliser ensemble, çà m'a toujours beaucoup plu.

- C'est aussi une façon de célébrer les peintres flamands? La Flandre et son folklore sont d'ailleurs très présents dans votre travail?
- Oui, tout à fait. Van Eyck et tant d'autres utilisaient la poudre d'os pour peindre. Les crânes de verre associés aux squelettes de petits animaux ou d'oiseaux sont, par exemple, une référence à une guilde anversoise très ancienne.

- Vous utilisez constamment le bleu dans vos oeuvres, ce fameux bleu issu des bics. Comment vous est venue cette idée?
- C'est parce que je n'avais pas d'argent! J'ai commencé à utiliser l'encre des bics que je volais un peu partout parce que çà ne coûtait pas cher et j'ai trouvé cette couleur tellement fascinante, changeante avec la lumière, que j'ai plus pu m'en passer. Et puis, le bleu est une couleur très importante dans l'histoire de l'art. Par exemple, les vêtements de la Vierge sont toujours peints en bleu. Ici à Venise, le bleu occupe aussi une place très importante ; c'est un bleu plus moderne. Et puis, il y a l'heure bleue, ce moment de silence absolu où la nuit s'achève et les animaux ne sont pas encore éveillés. C'est magique...

- Et il y a ce canoë fait d'os, une pièce monumentale exposée pour la première fois, qui date de 1991 et qui prend une tout autre profondeur aujourd'hui?
- En tant qu'artiste, c'est à la fois formidable et horrible de constater qu'une pièce qui se voulait une critique du colonialisme il y a 25 ans, prend une tout autre signification aujourd'hui. Placée dans cette salle le long du Grand Canal de Venise, cette oeuvre résonne avec l'actualité de ces réfugiés qui débarquent sur les côtes italiennes, notamment. C'est à la fois grisant et honteux en même temps".

jeudi 25 mai 2017

En bref...

1° A l'occasion des 150 ans de "La légende d'Ulenspiegel" de Charles De Coster (dont je vous ai déjà parlé), une exposition a été organisée grâce à une subvention de l'accord culturel de 2012 entre la Flandre et la Fédération Wallonie-Bruxelles. Une exposition commune "La légende continue : Ulenspiegel 150 ans après De Coster" sera présentée du 23 mars au 17 juillet 2017 aux Archives et Musée de la Littérature à Bruxelles, puis du 29 juillet au 10 septembre 2017 à Damme en province de Flandre Occidentale.

2° Le Musée de Flandre à Cassel (France) proposait jusqu'en janvier une exposition consacrée à la représentation de l'animal dans la peinture flamande du 17ème siècle. Il poursuit avec un deuxième volet intitulé "A poils et à plumes" et consacré cette fois à l'animal dans la création contemporaine de neuf artistes belges de renommée internationale (Jan Fabre et ses scarabées, Wim Delvoye et ses peaux de cochon, Koen Vanmechelen et ses croisements de gallinacées, p.ex.). Ces oeuvres sont mises en dialogue avec des peintures anciennes sorties des collections du musée.

3° A partir de septembre prochain, la Région de Bruxelles-Capitale et la Ville de Bruxelles organiseront une formation d'enseignants bilingues. Les instituteurs diplômés de cette formation (dispensée par les Hautes Ecoles Erasmus Brussel et Francisco Ferrer) seront en mesure de donner cours, aussi bien dans l'enseignement primaire néerlandophone que francophone. Cette initiative devrait, en outre, résoudre le problème récurrent de manque de professeurs de néerlandais dans les écoles francophones.

4° Eduqué dans les deux langues (le français à la maison et le néerlandais à l'école), Pierre Schoentjes est devenu l'un des plus grands chercheurs flamands spécialisés en littérature française postérieure à 1980. Il est le professeur titulaire de la chaire de littérature française de l'Université de Gand. Récemment, l'ambassadrice de France en Belgique lui a remis les insignes de chevalier de l'Ordre des Palmes Académiques.

5° Suite à la sortie de la Grande-Bretagne de l'Union Européenne, l'European Union Baroque Orchestra va quitter son siège de Woodstock dans l'Oxfordshire pour s'installer....à Anvers en Belgique. Créé en 1985, cet orchestre a donné plus de 600 concerts dans les plus grandes salles du monde dans 51 pays différents. Le but premier est de permettre à de jeunes musiciens de l'Union Européenne de travailler dans un orchestre professionnel et d'y être dirigés par des chefs de haut niveau. Depuis le Brexit, ses responsables cherchaient un nouveau lieu pour les accueillir, et leur choix s'est porté sur l'Amuz, le centre international de musique installé dans l'ancienne église baroque Saint-Augustin à Anvers. L'Amuz accueille de nombreuses formations, et dispose d'une salle de concert performante et d'un centre de recherche.

lundi 22 mai 2017

La bière belge reconnue par l'Unesco

Ce week-end, les trois ministres de la Culture (Alda Greoli pour la Fédération Wallonie-Bruxelles, Isabelle Weykmans pour la communauté germanophone et Sven Gatz pour la Flandre) ont reçu officiellement le certificat attestant la reconnaissance de la culture de la bière au patrimoine immatériel mondial de l'Unesco. La candidature avait été introduite il y a deux ans grâce à la bonne collaboration entre nos trois communautés dans ce dossier. Prochaine étape pour la bière belge :  l'ouverture prévue en 2020 d'un "temple" de la bière dans le bâtiment de la Bourse, située non loin de la grand-place de Bruxelles.

Pour les personnes intéressées, voici un blog consacré aux bières belges :  http://bieresbelges.skynetblogs.be

Et vous, quelles sont vos bières belges préférées?

mercredi 17 mai 2017

La Belgique 4ème au Concours Eurovision

Après la 4ème place de Loïc Nottet en 2015 et la 10ème place de Laura Tesoro en 2016, notre pays s'est à nouveau classé 4ème du Concours Eurovision ce week-end. C'est Blanche (de son vrai nom Ellie Delvaux), une jeune bruxelloise de 18 ans, qui nous représentait. Elle avait participé à la cinquième saison de "The Voice Belgique" sur la RTBF. Sa chanson "City lights" est déjà disque d'or. Pour l'écouter :   https://www.youtube.com/watch?v=oxsCmChDYwA

Rappelons que la Belgique n'a gagné qu'une seule fois l'Eurovision :  c'était en 1986 grâce à la chanson "J'aime la vie" de Sandra Kim. Plus d'infos :  http://journalpetitbelge.blogspot.be/2009/05/la-belgique-et-leurovision.html

jeudi 11 mai 2017

Expo Pol Bury à Bruxelles

Jusqu'au 4 juin, le palais des Beaux-Arts de Bruxelles propose une exposition consacrée à l'artiste Pol Bury (1922-2005). Né dans la province du Hainaut, il étudie à l'Académie des Beaux-Arts de Mons, avant de participer à divers mouvements (surréalisme, Cobra, art cinétique). Personnellement, je ne connaissais que ses fontaines mobiles publiques en acier, mais le mérite de cette exposition est de montrer ce qu'il a fait d'autre dans sa carrière artistique. Notre amie Tania a fait un compte-rendu détaillé de l'exposition :   http://textespretextes.blogs.lalibre.be/tag/pol+bury . Point négatif : le prix d'entrée de l'exposition (16 euros) qui ne donne pas accès aux autres expositions.

jeudi 4 mai 2017

A la côte belge...

1° Le MuZee d'Ostende propose en ce moment l'exposition "La résistance en images" autour du peintre, dessinateur, illustrateur et maître graveur belge Frans Masereel (1889-1972). Elle met en avant l'engagement social et pacifique d'artistes de son époque. Notre amie Adrienne l'a visitée et en a fait un compte-rendu sur son blog :    http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2017/04/15/m-comme-masereel-8718598.html

2° La station balnéaire d'Oostduinkerke a lancé un concours original qui vous permettra de profiter d'une cabine de plage pendant un mois. Le concours est simple :  il consiste à envoyer une photo originale ou/et drôle prise sur une plage de notre littoral. Les clichés sont à envoyer à l'adresse strandcabine@koksijde.be . Vous devez mentionner dans le mail votre nom, votre ville et votre numéro de téléphone. Jusqu'au 31 mai, chaque participant ne peut envoyer qu'une seule photo. Toutes les photos seront ensuite partagées sur la page Facebook de Koksijde-Oostduinkerke du 1er au 15 juin. Les deux personnes dont les photos auront obtenu le plus de like remporteront donc une cabine de plage gratuite pendant un mois (soit en juillet, soit en août).

Rappelons que la côte belge compte environ 800 à 900 cabines qui sont toujours autant demandées l'été. Elles ne sont disponibles qu'à partir de la deuxième semaine après la Pentecôte jusqu'à fin septembre. Elles sont démontées en dehors de ces périodes. Le prix de location pour une cabine démarre à 15 euros pour une journée, et il faut compter 300 euros pour un mois d'été. Que met-on dans ces cabines en bois?  Généralement, ce sont des familles avec des petits enfants qui les louent, et cela leur permet d'entreposer tout le matériel de plage, et ainsi éviter de devoir l'amener sur le sable chaque jour, puis de le ramener à l'appartement. A noter qu'à Saint-Idesbald, certaines cabines sont décorées par des artistes et ont été rebaptisées "Cabin'art".

lundi 1 mai 2017

Stéphanie de Lannoy : une Belge à la Cour du Luxembourg

                            
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(Article actualisé en juillet 2017)

Au printemps 2012,  la Cour grand-ducale luxembourgeoise a annoncé les fiançailles du grand-duc héritier Guillaume (30 ans à l'époque) avec la comtesse Stéphanie de Lannoy, une jeune et discrète femme belge. Les ayant déjà vus en public, je les ai trouvés sympas et accessibles, pas du tout guindés.

Leur mariage civil a eu lieu le 19 octobre 2012 à l'hôtel de ville de Luxembourg (une première pour un futur souverain car cela avait lieu traditionnellement au palais grand-ducal). Leur mariage religieux s'est déroulé le lendemain en la cathédrale de Luxembourg, en présence de la famille grand-ducale luxembourgeoise et de la famille royale belge au complet, ainsi que de nombreux autres représentants du Gotha. Stéphanie portait une robe du couturier Elie Saab et le diadème de la famille de Lannoy.

Conférence de presse des fiancés à quelques jours de leur mariage :   http://www.parismatch.com/Royal-Blog/famille-royale-Luxembourg/Mariage-Luxembourg-Guillaume-et-Stephanie-en-interview-avec-Paris-Match-170765

Plus d'infos sur la jeunesse de Stéphanie : http://royalementblog.blogspot.be/2012/07/la-comtesse-stephanie-de-lannoy-future.html

Plus d'infos sur l'Hôtel de Lannoy à Bruxelles :  http://royalementblog.blogspot.be/2012/08/hotel-de-lannoy.html

Plus d'infos sur la branche luxembourgeoise des Lannoy :  http://royalementblog.blogspot.be/2012/09/la-branche-luxembourgeoise-des-lannoy.html

Plus d'infos sur les ancêtres communs de Guillaume et Stéphanie :   http://royalementblog.blogspot.be/2012/05/precis-genealogique-sur-les-origines-de.html

Plus d'infos sur le diadème de la famille de Lannoy (porté par Stéphanie le jour de son mariage) :  www.noblesseetroyautes.com/le-diademe-de-la-famille-de-lannoy

L'interview de ses 32 ans
A l'occasion de ses 32 ans en 2016, la grande-duchesse héritière a répondu aux questions d'Isabelle Rivère pour le magazine "Point de Vue" :

"Vous êtes entrée dans la famille grand-ducale à l'automne 2012. Trois ans, était-ce le temps qu'il fallait pour vous permettre d'embrasser cette existence entièrement nouvelle pour vous, pour commencer à tracer votre propre chemin?
- On dit souvent, en effet, que ce cap est une étape décisive, que trois années sont nécessaires pour intégrer pleinement les changements, les bouleversements de la vie. Il en a été ainsi pour moi, en tout cas. Je ne suis plus la même personne aujourd'hui, j'ai pris mes marques, j'ai gagné en assurance aussi, je me sens plus téméraire dans ce que j'entreprends, dans mes choix. Comme si, désormais, le rôle de grande-duchesse héritière faisait partie intégrante de ce que je suis, de ma personnalité, ce qui n'était pas le cas au début de mon mariage. J'y aspirais de toutes mes forces, bien sûr, j'étais face à de nouvelles responsabilités et j'y répondais du mieux que je le pouvais, mais à l'époque, certaines choses me paraissaient encore un peu abstraites. Depuis, j'ai, certes, beaucoup appris dans de nombreux domaines, mais j'ai surtout beaucoup évolué, beaucoup mûri, beaucoup appris sur moi-même. Je me sens pleinement luxembourgeoise, je suis ici chez moi.

- Le métier de princesse est un métier au service des autres, un métier de devoir. Plus jeune, dites-vous, vous ne vous seriez jamais imaginée capable de faire ce que vous faites aujourd'hui.
- Je n'aime pas la notion de devoir qui implique une notion de contrainte, celle de service me paraît plus juste. Il est impossible, à mes yeux, de faire correctement son devoir si on ne se place pas, d'abord et avant tout, au service des autres. Peu après mon mariage, on m'avait posé la question :  "Que veut dire pour vous être grande-duchesse héritière?". J'avais répondu spontanément : "Ce n'est pas quelque chose que l'on apprend, c'est quelque chose qui vient tout entier du cœur". Il y a, dans le fait de servir, une idée de gratuité, et c'est bien cette gratuité que j'aime et qui distingue notre métier de la plupart des autres. Il faut être conscient de cette chance.

- L'éducation que vous ont donnée vos parents, les valeurs qu'ils vous ont transmises, vous y avaient-elles, d'une certaine manière, préparée?
- La notion de responsabilité était essentielle pour mes parents, ils nous l'ont enseignée par l'exemple, par le modèle de vie qu'ils s'étaient choisi. Ils avaient hérité d'une propriété familiale en Belgique, près de la frontière française (c'est là que j'ai grandi) et en étaient très reconnaissants. Tous deux s'impliquaient bénévolement, de manière très active, dans l'action associative locale. Chaque soir ou presque, mon père partait assister à des réunions, il était président de l'école. Maman, elle, avait créé la bibliothèque du village. J'ai appris, compris très tôt, grâce à eux que les cadeaux que nous recevons de l'existence s'accompagnent d'une responsabilité, et je considère là encore comme une chance, comme une force, d'avoir pu intégrer cela dès mon plus jeune âge.

- Le rôle de grande-duchesse héritière implique toutefois des obligations, des contraintes particulières. Le prestige, la dimension historique qui lui sont associés ne vous ont jamais intimidée?
- Lorsque, avec Guillaume, nous avons décidé de nous marier, il était naturel pour moi que ce choix s'accompagne de responsabilités. Je ne l'ai jamais remis en question, je ne me suis jamais rebellée contre cela, bien au contraire. Intimidée, oui, bien sûr, je l'ai été. Mais j'avais la chance d'avoir grandi dans un milieu qui, sans être celui dans lequel j'évolue aujourd'hui, n'en était pas très éloigné. Je connaissais une partie de la famille de Guillaume, ses cousines notamment, bien avant de le rencontrer, son monde ne m'était pas étranger. Et je dois dire que ma belle-mère, la grande-duchesse, est très bienveillante avec moi. Je sais que j'ai son écoute, si besoin est, et cela est très important.

- Votre nouvelle vie en tant que princesse vous a-t-elle confrontée à des difficultés, procuré des joies auxquelles vous ne vous attendiez pas?
- Des difficultés, il y en a eu, bien sûr, mais à mes yeux, seul compte l'aspect positif des choses. J'ai la chance de rencontrer des personnes de tout âge et venues de tous horizons. Le contact humain a toujours été essentiel pour moi, et c'est sans doute là le plus grand trésor que m'ont apporté les trois années qui viennent de s'écouler. Les gens se confient souvent à nous, c'est très émouvant, mais ce qu'ils ne savent pas, c'est ce qu'ils nous apportent à nous aussi, combien nous nous enrichissons à leur contact. Cela fait vraiment partie de ce que je vis tous les jours de plus beau.

- Comment le grand-duc héritier Guillaume a-t-il accompagné, guidé vos premiers pas sur la scène publique?
- Le contexte était très particulier. J'ai perdu ma mère moins de deux mois avant mon mariage, sa disparition était très soudaine. Au bonheur est venu se greffer le chagrin. Cette période de ma vie, qui aurait dû être si heureuse, a en fait été très difficile. Sans Guillaume, je n'aurais jamais réussi à la traverser, comme je l'ai fait. J'étais en proie à toutes sortes d'émotions et d'humeurs changeantes, mais il était toujours attentif, il m'aidait à avancer sans jamais me brusquer. Un couple vit immanquablement des épreuves, mais il est rare qu'il les affronte avant de se marier. Ces deux mois de deuil et de préparatifs mêlés nous ont rendus plus forts encore, je me rends compte aujourd'hui à quel point, alors, nous avons consolidé notre amour.

- Si l'on vous demandait de brosser en quelques mots le portrait du grand-duc héritier Guillaume, comment le décririez-vous?
- Guillaume est un mari très présent, très attentionné, très à l'écoute, exceptionnellement à l'écoute, même. Comme beaucoup de femmes, j'aime parler... Dans un couple, il est important d'être attentif l'un à l'autre, bien sûr, mais cela est également essentiel dans notre métier. Ce que nous vivons se révèle parfois difficile à appréhender pour quelqu'un de l'extérieur, même très proche, et je sais que mon mari est l'une des seules personnes au monde capables de le comprendre. Il se révèle d'ailleurs toujours de très bon conseil. Guillaume a un caractère très fédérateur, il crée facilement des liens entre lui et les autres, mais aussi entre les gens eux-mêmes, ce qui est une qualité plutôt rare. Nous partageons en outre un même amour de la musique. Même si ses goûts sont un peu moins classiques que les miens, Guillaume a une oreille très musicale, il chante remarquablement, il compose. J'ai aussi la chance d'avoir épousé un homme qui cuisine très bien!

- Vous avez fait le choix de travailler ensemble et de remplir la plupart de vos engagements officiels en couple.
- Nous travaillons ensemble dans de nombreux domaines, nous effectuons quasiment toutes les missions économiques à deux, par exemple. En réalité, nous n'avons pas d'emploi du temps fixe, pas de journée type, car notre rôle est d'être à l'écoute des besoins et des demandes des Luxembourgeois, au moment où celles-ci se présentent. A l'heure où je vous parle, je peux difficilement vous dire ce que je ferai dans six mois ou un an, même si je travaillerai toujours à essayer d'apporter une réponse aux problèmes qui me tiennent à cœur, comme la solitude et l'isolement, deux maux qui ne cessent de gagner du terrain dans nos sociétés modernes. Ce ne sont pas nos intérêts que Guillaume et moi devons mettre en avant, mais ceux des Luxembourgeois, et cela passe par une attention de chaque instant à leurs préoccupations, à leurs problèmes.

- En septembre dernier, vous avez répondu à l'invitation du prince Haakon et de la princesse Mette-Marit de Norvège à participer à un week-end en compagnie de plusieurs autres couples héritiers. En quoi ces réunions, qui ont maintenant lieu régulièrement, sont-elles importantes?
- Nous faisons le même métier, un métier que nous ne sommes pas nombreux à exercer. Nos pays sont différents, les problématiques y sont différentes, mais les choses qui nous tracassent, les difficultés que nous rencontrons sont souvent similaires. Nous pouvons vraiment nous entraider sur de nombreux sujets. Voilà pourquoi ces réunions sont très utiles. Par ailleurs, nous sommes tous liés par une solide amitié. Ces deux journées nous permettent de passer du temps ensemble. Nous sommes toujours heureux de nous retrouver.

- Votre époux et vous-même parvenez-vous à vous ménager des espace de liberté, de "normalité"?
- Oui. Il est essentiel de faire une distinction claire entre la sphère publique et la sphère privée. Si on ne les sépare pas, ce n'est pas tenable. Nous avons notamment tous les deux la chance d'avoir des familles très unies et qui aiment se retrouver. Nous passons donc beaucoup de temps avec nos proches le week-end et pendant les vacances. Les amis tiennent eux aussi une place importante dans notre vie. J'ai gardé contact avec tous ceux que j'avais avant mon mariage, nous nous appelons, nous nous voyons le plus souvent possible. Je suis convaincue que seule une vie personnelle épanouie permet ensuite, dans le cadre officiel, de donner le meilleur de soi.

- Et de rester fidèle à ce que l'on est?
- On ne peut pas être au service des autres en jouant un rôle. Tricher n'a pas de sens".

Domaine social
Lors de leur mariage, Renault Luxembourg leur a offert une nouvelle Renault Clio. Les jeunes mariés ont décidé de l'offrir à l'Association Luxembourg Alzheimer. Le véhicule sera utilisé par les services social, psychologique et ergothérapeutique de l'association.

Ils ont également reçu 157.810 euros de dons de Luxembourgeois (particuliers ou entreprises). Une partie de cet argent a été attribué au projet Connect de l'Université de Luxembourg qui a pour objectif la mise en place d'une plate-forme web interactive qui permettra d'améliorer la planification de la prise en charge des personnes atteintes par la maladie d'Alzheimer ou une démence associée.

La grande-duchesse héritière est un des quatre administrateurs de la Fondation Grand-Duc et Grande-Duchesse de Luxembourg, et accorde son Haut Patronage au laboratoire scolaire du Luxembourg Centre for System Biomedecine de l'Université de Luxembourg.

Domaine culturel

Depuis mars 2013, la grande-duchesse héritière accorde son Haut Patronage à l'association des Amis des Musées d'Art et d'Histoire Luxembourg. Fondée en 1976 par des passionnés d'art et d'histoire, cette association compte plus de 1.700 membres qui contribuent à l'enrichissement des collections, à la sauvegarde du patrimoine culturel, à la promotion de l'art et de l'histoire, ainsi qu'à mieux faire connaître les collections muséales et les sites culturels luxembourgeois à l'étranger.

A l'occasion de leur visite à la Biennale de Venise en mai 2015, Guillaume et Stéphanie se confient au magazine "Point de Vue" :

"Quelles sont vos premières impressions de cette Biennale?
-  S : C'est la première fois que nous nous rendons à Venise, et donc à la Biennale. Nous avons bien entendu profité de notre venue pour visiter les Giardini, et notamment les pavillons de la France et de la Belgique. Nous avons été impressionnés par la diversité et la richesse artistiques des expositions. Je trouve très belle la symbolique de perpétuer la tradition artistique contemporaine dans une cité si chargée de patrimoine historique.
- G : Nous avons également eu l'opportunité de découvrir l'impressionnante collection d'art moderne de Peggy Guggenheim et de redécouvrir nombre d'oeuvres surréalistes ou abstraites dans cette demeure unique en son genre.

- Qu'avez-vous pensé du pavillon "Paradiso Lussemburgo" imaginé par Filip Markiewicz? Connaissiez-vous son travail?
- G : Le pavillon Ca'del Duca est une petite merveille. Mon épouse et moi-même n'avions pas eu l'occasion de rencontrer Filip Markiewicz auparavant, et nous avons tous les deux été impressionnés par son talent. J'étais particulièrement fier de faire la rencontre d'un jeune homme engagé qui, par le biais de l'art, souhaite sensibiliser les visiteurs à certains problèmes sociétaux qui lui sont chers. Non seulement il s'agit d'un dessinateur hors pair, mais de surcroît, il réussit à mettre en scène différents moyens d'expression tels que la danse, la musique, la sculpture,...en créant un ensemble qui à travers le message véhiculé parvient à toucher le visiteur.
- S : Par ailleurs, il a voulu montrer à la fois la richesse, la diversité et la complexité du grand-duché de Luxembourg. C'est un fameux défi et il l'a relevé de manière exemplaire!

- Comment percevez-vous la présence de plusieurs dessins représentant la famille grand-ducale dont vous-mêmes lors de votre mariage?
- G : Filip Markiewicz parvient à dresser un panorama de l'actualité très complet et nous avons été très touchés que notre famille en fasse partie. D'ailleurs, nous lui avons demandé une copie du dessin illustrant notre mariage.

- Quelle place a l'art contemporain dans vos passions et loisirs?
- S : La passion des jeunes artistes luxembourgeois nous touche et nous impressionne. Nous accordons beaucoup d'importance à l'art et à la création, car nous croyons que c'est une composante incontournable d'un pays. J'ai d'ailleurs accepté le Haut Patronage de l'association des Amis des Musées d'Art et d'Histoire Luxembourg.
- G : Je pense que l'une des plus belles manières de porter haut les couleurs d'un pays se fait à travers la culture. Ce fut le cas en 2003 quand, grâce au travail de Su-Mei Tse, le Luxembourg se voit attribuer le Lion d'Or de la meilleure participation nationale de la Biennale, tout comme aujourd'hui où d'autres artistes, tels Filip Markiewicz, font la fierté du grand-duché".

En 2015, la grande-duchesse héritière se rend aussi à Bruxelles où elle est l'invitée personnelle de la reine Mathilde dans la loge royale du palais des Beaux-Arts pour assister à une finale du Concours Musical Reine Elisabeth, créé par l'arrière-arrière-grand-mère de son époux.

Le nouveau conseil d'administration du Musée d'Art Moderne Grand-Duc Jean de Luxembourg (MUDAM) est approuvé par le gouvernement luxembourgeois en janvier 2016 pour un mandat de six ans. Il passe de 14 à 7 membres, et sera présidé par la grande-duchesse héritière Stéphanie (en remplacement de l'ancien premier ministre Jacques Santer).

Un mois plus tard, elle accompagne les Amis des Musées d'Art et d'Histoire Luxembourg au Grand Palais à Paris pour y visiter les expositions consacrées à Picasso et Lucien Clergue. Le magazine français "Point de Vue" lui demande à l'occasion de ses 32 ans :

"Vous semblez aujourd'hui faire des arts, et de la culture en général, l'une de vos priorités?
- Cela a toujours été le cas, j'ai toujours porté un vif intérêt à l'art. Mon travail dans ce domaine s'est simplement trouvé davantage médiatisé ces derniers temps. J'ai également repris le Haut Patronage des Amis des Musées d'Art et d'Histoire Luxembourg, par exemple, ce qui me paraissait être une démarche profondément en lien avec mon histoire personnelle. Vous savez, je ne connaissais pas bien le grand-duché lorsque j'y suis arrivée, Guillaume et moi étions tout juste fiancés. J'étais curieuse de tout, de la vie du pays, de ses traditions. Mon premier réflexe a tout naturellement été de commencer par visiter ses musées, et j'ai été épatée par ce que j'ai découvert, par le dynamisme et la richesse culturelle du Luxembourg. Ici, pas une seule petite ville qui n'ait son musée, ses collections, pour la plupart d'une qualité exceptionnelle. Je trouve cela vraiment impressionnant.

- Vous venez d'accepter la présidence du conseil d'administration du MUDAM. Comment voyez-vous votre rôle à la tête de cette institution?
- Je suis très honorée d'avoir été choisie, très touchée aussi. Le MUDAM est l'un des fleurons de la vie culturelle du Luxembourg. Sa renommée s'étend bien au-delà des frontières du grand-duché. Je suis entourée, au conseil d'administration comme dans l'équipe dirigeante, de personnes de grande qualité, extrêmement compétentes, vous me voyez donc très confiante, très enthousiaste. Le fait qu'un membre de la famille reprenne la présidence du musée qui porte le nom de notre grand-père est également très symbolique. Le grand-duc Jean est un homme que j'admire énormément, et pour qui j'ai une immense affection.

- Vous jouez du piano et du violon. Quelle place la musique tient-elle dans votre vie?
- Mes parents nous ont plus ou moins tous obligés à faire de la musique classique. Nous sommes huit enfants, tous passés par le conservatoire. Je ne sais pas si, très jeune, j'avais conscience de la chance que j'avais, mais ce qui est certain, c'est que je me suis réellement approprié la musique classique vers 12-13 ans, lorsque j'ai souhaité apprendre le violon. Jusque là, je jouais du piano, un instrument "fortement conseillé" par mes parents. Mais le violon était mon choix, je devenais d'un seul coup proactive. Résultat : j'ai découvert la musique autrement, j'ai vraiment accroché. Le violon est un instrument que j'ai beaucoup beaucoup aimé. Je n'en joue plus aussi souvent que je le voudrais, malheureusement, mais la musique est toujours très présente dans ma vie. Je ne pourrais pas concevoir l'existence sans elle. La musique est essentielle à notre nature profonde, elle sait toujours trouver le chemin de l'âme".

En tant que présidente du MUDAM (qui fête ses 10 ans en 2016), Stéphanie est présente au vernissage de l'exposition de l'artiste belge Wim Delvoye - qui avait marqué l'ouverture du musée avec la création de sa "Chapelle" - et y accueille le grand-duc Jean venu voir en privé l'exposition qui propose deux oeuvres de l'artiste achetées par la grande-duchesse Joséphine-Charlotte pour sa collection privée d'art moderne. Le 2 juillet, les grands-ducs héritiers et le premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel assistent à la cérémonie officielle du dixième anniversaire du MUDAM.

Le 29 septembre, Stéphanie assiste à une conférence publique d'Asker Pelgrom sur le peintre romantique Barend Cornelis Koekkoek, auteur de l'oeuvre "Vue sur le château de Larochette". Ce tableau a été peint en 1848 pour Guillaume II, roi des Pays-Bas et grand-duc de Luxembourg. En mai, le Musée d'Art et d'Histoire de Luxembourg avait lancé une campagne de crowdfunding afin d'acquérir ce tableau (75.000 euros avaient déjà été récoltés fin septembre sur les 100.000 euros espérés).

Fait rarissime le 7 octobre :  Henri, Maria-Teresa, Guillaume et Stéphanie se rendent ensemble à l'étranger pour visiter une exposition ("Néron : empereur, artiste et tyran" à Trêves en Allemagne). En décembre, nouveau déplacement culturel à l'étranger pour la grande-duchesse héritière : elle visite l'exposition "21, rue La Boétie" au Musée de la Boverie à Liège (Belgique) en compagnie du secrétaire d'Etat luxembourgeois à la Culture Guy Arendt et de la journaliste française Anne Sinclair (auteur du livre sur lequel est basée l'exposition).

Première initiative culturelle de Guillaume et Stéphanie :  organiser une exposition pour encourager l'artisanat d'art contemporain. Mis en place par le commissaire Jean-Marc Dimanche, l'exposition "De mains de maîtres" présentait 200 oeuvres d'une soixantaine d'artistes et d'artisans (principalement luxembourgeois) :  céramique, verrerie, ébénisterie, haute couture, gravure, ferronnerie, etc. Elle a demandé sept mois de préparation pour sélectionner les pièces à présenter, mais aussi trouver la bonne manière de le faire dans les mille mètres carrés du deuxième étage de l'ancien siège de l'ARBED à Luxembourg. Toutes les oeuvres étaient en vente. Plus de 10.000 personnes s'y sont rendues du 1er au 5 décembre (trois jours pour le grand public, un jour pour les professionnels et un autre pour les écoles). Pari donc réussi pour les grands-ducs héritiers.

Le couple s'est réparti les discours :  Stéphanie lors du vernissage de l'exposition, Guillaume pour la soirée en l'honneur des artisans ayant œuvré à la restauration de l'ancien siège de l'ARBED. Ils sont également retournés à l'exposition avec des lycéens luxembourgeois. Et le 15 décembre, à la Chambre des Métiers, Stéphanie remet le prix du jury de l'exposition à la céramiste néerlandaise Ellen van der Woude.

En avril 2017, la grande-duchesse héritière emmène le magazine français "Point de Vue" à l'ancien couvent de Neumünster (Luxembourg)  "qui est aujourd'hui un centre culturel très actif mais a longtemps été utilisé comme prison, notamment pendant l'occupation allemande de la dernière guerre. On venait à l'emplacement où nous sommes pour dire un dernier adieu à son amoureux prisonnier qui passait dans la cour avant d'être incarcéré ou même exécuté".

Elle évoque aussi le Kirchberg sur les hauteurs de la capitale :   "C'est là que sont les institutions européennes basées au Luxembourg, mais aussi la Philharmonie, conçue par Christian de Portzamparc, et le MUDAM, le musée d'art moderne, oeuvre de l'architecte Ieoh Ming Pei, dont je préside le conseil d'administration depuis janvier 2016. J'étais déjà très impliquée dans l'art avec le Haut Patronage des Amis des Musées de Luxembourg. C'est une excellente fenêtre par rapport à l'étranger. Le MUDAM a d'ailleurs une reconnaissance internationale et accueille des expositions des plus grands artistes contemporains, comme Tony Cragg en ce moment. Le bâtiment est extraordinaire de beauté et intègre une partie du vieux fort Thüngen. Une manière d'enraciner l'art d'aujourd'hui dans celui du passé. La promotion de l'art me tient particulièrement à cœur. A l'exposition "De mains de maîtres", les Luxembourgeois étaient surpris de ce qui se faisait dans leur pays. Comme je suis sûre que les visiteurs du Grand Palais à Paris seront bientôt étonnés".

Son époux ajoute :  "Il s'agit de sensibiliser la jeunesse à ces métiers, sachant que l'artisanat représente 25% du tissu économique national et que deux mille départs à la retraite se profilent à échéance de dix ans. Nous avons notamment rencontré, lors de l'exposition, Anne-Claude Jeitz et Alain Calliste, deux maîtres verriers, qui vont être d'une autre aventure, début mai à Paris au Grand Palais, puisqu'ils feront partie des huit artisans d'art luxembourgeois présents à l'exposition "Révélations"".

En mai, les grands-ducs héritiers effectuent trois déplacements culturels à l'étranger. Ils se rendent d'abord au Grand Palais à Paris pour la troisième édition du salon international "Révélations", rendez-vous des passionnés de l'artisanat, de l'art et de la création. Pour la première fois, le grand-duché de Luxembourg y dispose d'un stand grâce à neuf artistes s'étant distingués lors de l'exposition "De mains de maître". Une réception est offerte à cette occasion par le gouvernement luxembourgeois. Guillaume et Stéphanie se rendent ensuite à la 57ème Biennale d'Art Contemporain de Venise pour y découvrir les pavillons luxembourgeois et belge. C'est l'artiste Mike Bourscheid qui est chargé de représenter le grand-duché. Puis, direction le 70ème festival de Cannes pour la soirée d'ouverture, et une visite du marché du film avec Guy Daleiden (directeur du Film Fund Luxembourg) et le premier ministre Xavier Bettel afin d'encourager la centaine de représentants du cinéma luxembourgeois.

En visite officielle à Luxembourg, la duchesse Catherine de Cambridge est accompagnée de Stéphanie lors de quatre activités culturelles :  visite de l'exposition Tony Cragg et Darren Almond au MUDAM, découverte des salles du Letzebuerg City Museum consacrées à l'évolution de la ville, promenade le long de la Corniche (inscrite au patrimoine de l'Unesco), et vernissage de l'exposition "1867. Luxembourg-ville ouverte". La duchesse a également été reçue au palais grand-ducal par la famille grand-ducale de Luxembourg.

Lors de la procession de l'Octave en mai, Stéphanie porte un bibi réalisé par Sylvia Martinez (Les Folie's Bibis), une Espagnole qui vit depuis plusieurs années en Lorraine et qui fait également partie d'une association qui promeut les métiers d'art au Luxembourg. Elle avait participé à l'exposition "De mains de maître" et avait offert ce bibi à la grande-duchesse héritière.

De passage à Luxembourg en juin,  le premier ministre estonien Jüri Ratas est reçu en audience par le grand-duc Henri, et visite le MUDAM avec Stéphanie, présidente du conseil d'administration.

Début juillet, les grands-ducs héritiers se rendent aux Rencontres de la Photographie d'Arles dans le sud de la France. Ils assistent au vernissage de l'exposition "Flux Feeling" (placée sous le Haut Patronage de Stéphanie) qui présente des oeuvres photographiques contemporaines et issues du patrimoine culturel luxembourgeois.

Relation belle-mère/belle-fille
Il est de notoriété publique que le courant ne passait pas entre la grande-duchesse Joséphine-Charlotte et sa belle-fille, ce qu'a confirmé la grande-duchesse Maria-Teresa dans une conférence de presse en 2002 qui a suscité la polémique. Par contre, les relations belle-mère/belle-fille semblent mieux se passer entre la grande-duchesse Maria-Teresa et la grande-duchesse héritière Stéphanie.

A l'occasion de son 60ème anniversaire en 2016, Maria-Teresa a confié au magazine "Point de Vue" :   "Avec mon fils Guillaume, j'ai une relation très particulière, parce que c'est l'aîné. Et il est de si bon conseil! Ma belle-fille Stéphanie et lui forment un couple rayonnant. Mon mari et moi avons avec eux, nos héritiers, cette relation de confiance qui est merveilleuse et indispensable. Envers Stéphanie, j'éprouve beaucoup d'admiration et une immense tendresse. J'ai la même tendresse pour mes trois belles-filles. Mais la période que Stéphanie a vécue, entre ses fiançailles et son mariage, lorsqu'elle a perdu sa maman, est l'une des choses les plus difficiles que l'on puisse connaître. Elle a traversé cette épreuve avec une dignité et un courage que j'ai admirés. J'ai essayé de l'entourer d'affection le plus possible".

Stéphanie a déclaré au magazine :   "C'est une femme entière, débordante d'amour. Elle est en parfaite empathie. Et cela se voit dans son regard qui se fait vraiment miroir de l'âme. Quand ma mère est décédée juste avant mon mariage, elle a été extraordinaire. On ne se connaissait pas bien, et elle pleurait à chaudes larmes avec nous. Notre douleur était la sienne. Aujourd'hui, nous adorons nous installer toutes les deux dans un canapé confortable, avec thé ou café, et refaire le monde, pendant des heures. Cela nous arrive souvent quand nos hommes sont retenus (on a aussi des activités séparées dans la vie officielle). Nous discutons de tout. Et nous avons la même façon d'aborder les grands sujets. On part d'un côté, de l'autre, on va chercher un livre pour étayer la conversation. C'est passionnant. Sans cette relation privilégiée, je pourrais parfois me sentir isolée, mais grâce à ma belle-mère, je ne souffre pas de solitude. Un mari, c'est très bien, mais c'est précieux aussi d'avoir une femme à qui parler. Et là, j'ai vraiment trouvé une confidente. Elle m'a beaucoup aidée à appréhender mon nouveau rôle. Si j'ai un problème, je lui en parle. Je l'aime énormément. Surtout qu'elle ne change jamais, qu'elle garde ce cœur débordant d'amour".

Le fait aussi de s'être partagé les domaines réservés traditionnellement à la Première Dame (le social pour Maria-Teresa et la culture pour Stéphanie) permet sans doute aux deux femmes de s'épanouir, tout en ne se marchant pas sur les pieds.

Loisirs
D'après le site Internet officiel de la Cour, Stéphanie aime la musique classique, la lecture, le ski et la natation.

Le grand-duc héritier Guillaume a également confié au magazine "Point de Vue" :   "Nous venons régulièrement chez Léa Linster prendre un thé ou dans son restaurant. Quand j'avais 13 ans, j'ai fait un stage, chez elle, aux cuisines, et elle m'a a appris la recette de sa crème brûlée. Une tuerie. Mme Linster est une merveilleuse ambassadrice pour le Luxembourg. Nous sommes très fiers d'elle. Chez nous, nous avons une cuisine de terroir traditionnelle qui s'est diversifiée au gré des influences française, belge, allemande, mais aussi portugaise et italienne. Cela donne des restaurants de grande qualité, dont onze sont étoilés. Mon épouse et moi adorons faire la cuisine à deux, une cuisine de marché, à partir de produits bio, locaux, de saison. J'aime faire le marché et, quand j'y vais, il faut s'armer d'une bonne dose de patience pour me laisser le temps de jauger les produits, de parler avec les producteurs".

Décorations

Son beau-père le grand-duc Henri lui a octroyé la Grand Croix de l'Ordre d'Adolphe de Nassau.

Lors du voyage d'Etat du président du Portugal au grand-duché en 2017, elle a reçu les insignes de Grand Croix de l'Ordre du Mérite portugais.